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“It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 18:12
Le plan était simple. Ils se rendaient dans le vieux quartier de Varsovie, et investissaient le bar que les diverses infos qu’ils avaient pu récolter leur avait indiqué. Rien de plus simple que ça, la routine quoi. Dans la théorie en tout cas, ça ne semblait pose aucun problème, et l’équipe du Lieutenant Czajkowski s’était donc rendu au point désigné, usant de voiture banalisées pour ne pas se faire remarquer trop vite. Il fallait dire que le coin était plutôt malfamé et grouillait de malfrats de tout poil.

Une fois garés dans une allée un peu sombre et sale, la brune et son équipier quittèrent la véhicule, tout en gardant un contact radio avec les deux autres duos, chacun placés à un endroit stratégique, histoire de pouvoir couvrir le plus d’issues possibles. Pour le moment, tout se déroulait comme prévu, sans la moindre vague. Ce ne fut à vrai dire que lorsqu’ils pénétrèrent dans le fameux bar et en fouillèrent le moindre recoin qu’ils réalisèrent qu’ils s’étaient faits avoir.

Le type qu’ils cherchaient n’était pas là.
Pas la moindre trace, juste un tas de saoulards trop imbibés pour vraiment comprendre ce qui se passait, ainsi qu’une ou deux petites racailles qui n’avaient pas tardé à filer sans demander leurs restes. Autant dire que la mission était un putain d’échec.

Il n’en fallut pas plus pour que Lyudmila quitte les lieux, donnant un coup de pied rageur dans la porte, qui couina sur ses gonds. Elle était comme ça, la flic. Facilement agacé, le tempérament sauvage. Clope aux lèvres, elle retournait déjà en direction de sa voiture, laissant derrière elle son équipier, trop occupé à discuter avec le patron. Saleté de journée.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 19:09

L’enveloppe gisait sur la table basse, soigneusement refermée, sans doute trop pour que ce n’ait pas l’air étrange. Elle quitta son piédestal pour faire une petite promenade jusqu’à la salle de bain, au dessus de l’évier. Puis, dans un claquement funèbre, la flamme vint lécher le papier, noircissant, grignotant doucement les mailles. Elle tomba dans l’évier, toujours consumée, un semblant de crépitement en guise de dernières paroles, bien rapidement envolée, réduite à l’état de cendre,

morte.

Il avait épousseté l’épaule de son costume une bonne dizaine de fois avant d’arriver sur les lieux. Pas celui contenu dans les mots brûlés un peu plus tôt; une étape en plus, un arrêt entre deux. Car il savait bien qu’elle serait tombée les deux pieds dans le piège. Une simple fourberie. Un peu de poudre aux yeux, mais cela suffisait amplement à surprendre la police. Les meilleurs informateurs ne travaillaient pas derrière un bureau, encore moins légalement.
Il se trouvait sur l’escalier de secoure d’un des immeubles encadrant la ruelle sombre; une silhouette venait d’apparaître au bout de celle-ci, marchant d’un pas furibond vers la voiture garée juste en dessous de lui, comme prévu. Il l’avait étudiée-- il n’avait pas pu s’en empêcher. Depuis le jour où son existence avait violemment avait la sienne, depuis qu’il avait encaissé une dette dont lui seul avait conscience. Lyudmila Czajkowski s’était faite une place dans son quotidien de force. La moindre des choses était de se renseigner sur cette intruse.

« Ce n’est qu’une cache temporaire. » Une voix sortie de l’obscurité, d’un point d’où il pouvait la voir mais non le contraire. Un ton calme, froid, en parfaite opposition avec l’état du Lieutenant.
La barrière grinça légèrement lorsqu’il s’y accouda, sa cravate pendant dans le vide ; un ruban carmin, un point d’attache dans la ruelle morne. Froissement. Un billet s’extirpa de sa poche, méticuleusement plié, sans doute trop pour que ça n’ait pas l’air étrange. Il s’écrasa bien vite sur la voiture maquillée, produisant un faible son. Une adresse, écrite à la main d'une tel justesse qu'elle paraissait imprimée. Pas d'empreinte. Juste cette écriture imeprsonnelle. « Dépêchez-vous. »

Silence radio. Il avait déjà disparut; volatilisé, évanouit dans quelques dernier grincements. C'était une chasse qu'il n'avait pas l'intention de perdre.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 19:35
La voix était sortie de nulle part, et suffisamment imprévue pour que la femme ait un sursaut. Sursaut accompagné d’un mouvement réflexe, celui de la bonne flic toujours en chasse des méchants. L’arme au poing, elle ne tarda pas à se mettre à chercher la provenance de ladite voix, le souffle court déjà et l’air patibulaire. Aucun mot cependant ne filtra entre ses lèvres; tout juste un soupir et un juron à mi-voix.

Le grincement lui arracha un semblant de sursaut, alors qu’elle pointait son arme vers le haut, son regard noisette se rivant sur la silhouette perchée sur l’escalier de secours. La ruelle était trop mal éclairée pour qu’elle puisse distinguer quoi que ce soit. Rien de plus qu’une tache rouge s’agitant quelques instants, avant que ses mirettes ne soient attirées par autre chose, ce morceau de papier qui venait de s’écraser sur le capot de sa voiture. Elle ne s’en approcha pourtant pas, gardant son arme pointée vers la personne qui se trouvait là, étonnement silencieuse, surtout pour une personne comme elle.

Ce ne fut que lorsqu’il parla à nouveau que quelques mots s’échappèrent d’entre ses lèvres : «  Qui êtes-vous ? » Question méfiante et presque agressive, et ce de façon légitime vu la situation. Question qui n’eut d’ailleurs aucune réponse, tout juste le bruissement du vent.
Un autre juron la quitta, alors qu’elle observait la ruelle, son arme toujours niché dans ses mains. Mais rien. Elle reporta donc son attention sur le morceau de papier de plus tôt. Le dépliant, elle y découvrit une adresse. Qu’était-ce ?. Une réflexion qui fut interrompue par la voix de son coéquipier, qui l’interpellait. Elle n’y fit pas attention, son cerveau marchant bien plus vite que ses mots. Déjà, elle était derrière le volant, lui ordonnant de monter en quatrième vitesse, avant de démarrer en trombe.

Jusque-là, son instinct ne lui avait jamais fait défaut. Et ils se devaient de se dépêcher de s’y rendre. Immédiatement. Prévenant les autres patrouilles et ne souffrant d’aucun refus, car ils n’avaient pas le temps. C’était à l’autre bout de la ville, et certaines rues étaient bouchées.
Et sous son air sérieux et colérique à la fois, elle n’arrivait toujours pas à comprendre ce qui s’était passé, se trouvant même folle de suivre les indications d’un parfait inconnu. Louche qui plus est. En espérant que son intuition était la bonne.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 20:36

Le moteur vrombit, et une poignée de seconde plus tard, un autre rugissement s’éleva dans le quartier. La demoiselle ne perdait pas son temps ; elle était à la hauteur de ses estimations. Une nouvelle qui aurait presque réussit à lui arracher du contentement ; mais l’heure n’était pas au sentiment.

Tout avait été étudier ; les chemins, les échappatoires, la densité du trafic à cette heure. Rien n’avait été laissé au hasard. Efficacité, précision ; voilà des mots qui lui allait mieux que son propre nom.
Les pneus crissèrent une dernière fois. Dieu sait où se trouvait Czajkowski à cet instant. Deux rues de là ? Plus ? Moins ? Déjà au pieds de l’immeuble ? Il en doutait, et pourtant la question restait là, dans un coin de sa tête, alors qu’il gravissait les marches. Une silhouette imposante n’ayant pas réellement sa place dans ces appartements miteux, le genre de personnage qui marque les esprits du coin, qui fait rentrer dans son logis pourrit.

Il déballa son matériel, disposant soigneusement les différents objets devant lui. La porte verrouillée du toit lui permettait de ganger du temps en d’évitant de jeter des coups d’œil intempestifs derrière son épaule ; en contre partie, ça lui avait demandé de faire l’acrobate depuis une fenêtre du dernier étage jusque là, ce qui lui demanderait quelques minutes de plus pour calmer son souffle.

De précieuses minutes.

Une seule lumière était allumée dans l’appartement, juste assez pour détacher sa silhouette. Pour lui permettre de l’observer, de le voir déambuler, articuler, bouger ses mains, la lumière de son portable soulignant son visage. La nuit lui permettait d’ouvrir la lunette si tôt, de ne pas craindre un hypothétique reflet, de profiter des dernières secondes de son contrat.

Son doigt se resserra sur la  gâchette. Ses poumons s’emplire une dernière fois avant de suspendre le mouvement du diaphragme. Le temps s’arrêta.

Une partie de lui continuer à se demander si elle serait assez rapide.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 21:15
Putain de ville pleine de travaux. Fichues routes barrées. Autant dire qu’être rapide dans un coin pareil n’était pas aisé. Surtout en sachant qu’il fallait se rendre à l’autre bout de ladite ville. Encore une fois, elle n’arrivait pas à savoir pourquoi elle était persuadée que c’était là où se trouvait celui qu’ils cherchaient. Ce n’était qu’une foutue intuition qui la taraudait et ne voulait pas la lâcher, au point de la faire agir sans même réellement réfléchir; elle n’avait de toute façon pas le temps.

Évidemment, il y avait toujours la possibilité du piège, de la fausse piste. Mais quelque chose d’étrange lui disait que non, et la lueur décidée dans son regard semblait voir même convaincu son coéquipier. Pauvre Janowski quand même. Depuis qu’ils bossaient ensemble, Lyudmila lui en avait fait voir des vertes et des pas mures. Pourtant, il était encore là, et pas une seule fois n’avait voulu changer de partenaire. D’un autre côté, il la connaissait mieux que personne, et malgré son caractère un peu trop fonceur, savait qu’il pouvait lui faire confiance.

Finalement arrivés, elle prit à peine le temps de couper le contact qu’elle était déjà dehors, son partenaire sur ses talons. Pour le coup, elle n’avait pas le temps de se faire discrète ni observer les yeux, et ce fut à la va vite qu’elle donna quelques ordres, avant de pénétrer dans le bâtiment avec précipitation.

Vérifiant une fois de plus le papier, elle finit par le fourrer dans sa poche, avant de défoncer la porte d’un coup de pied, braquant son arme en direction de la personne présente, tout en gueulant de rester en place et de lever les mains.

Avant qu’une balle ne vienne briser la fenêtre et abattre la cible.

Éberluée, elle resta quelques minutes figées, avant d’accourir vers la fenêtre, tandis que les autres débarquaient, vérifiant le corps. Il était mort. Et la brune était pour ainsi dire folle de rage. Vraiment. C’est alors qu’elle crut voir une silhouette sur le toit d’en face. Jurant, elle n’attendit pas plus pour sortir par ladite fenêtre, donnant sur un escalier de secours, tout en donnant ordre aux hommes encore dehors de se rendre sur le toit dudit bâtiment. De là, elle pouvait atteindre l’autre côté, la ruelle les séparant étant relativement étroite. Restait à voir si elle serait assez rapide.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 15 Déc - 22:14

Il avait disparut du viseur. Tombé subitement, évanouit, mort. Une simple constatations, un fait avéré, rien de plus. Pas de remord. Pas de montée d’adrénaline, de sensation de pouvoir. Juste une légère fatigue, la même qui prend les salariés à la fin d’une journée de travaille.

Voir le visage de Czajkowski apparaître dans son viseur, au contraire, lui arracha un semblant de frisson. Plus précisément de la voir sortir si rapidement et déjà hurler des ordres à ses subordonnés, vive, décidée. Etonnament réactive pour une policière.
Le temps impartit ne lui laissa pas le loisir de tout remballer soigneusement, et ça le dérangeait bien plus que ça ne devrait. En tout cas beaucoup plus qu’une personne venant de tuer un homme de sang froid et pris à son tour en chasse ne devrait.

Il jeta la sacoche sur son épaule. Ses yeux suivirent un instant de plus la jeune femme, avant de se mettre en course, redescendant le long du mur pour revenir dans le couloir du dernier étage. Le quartier commençait à s’exciter, entre l’exécution et les flics affolés. Ce capharnaüm serait plus que suffisant pour couvrir ses traces.
Les escaliers précédemment gravit furent dévalé à toute vitesse. En dessous de lui, les chaussures des flics frappaient aussi les marches, le bruit se rapprochant toujours davantage, au point où au détour d’un couloir, il put apercevoir la tête du premier arrivé. Et juste au dessus de sa tête, d’autre pas effrénés, déterminés.

Entre Czajkowski en haut et sa troupe en bas, il n’avait plus vraiment le choix.

Un cri lui parvint à l’oreille, le genre de chose que les policiers disent toujours lorsqu’ils voient enfin celui qu’ils cherchent. Une simple exclamation bien futile ouvrant une fenêtre pour leurs glisser des doigts –littéralement, dans le cas présent-. Sur le terrain, les émotions ne pouvaient que ralentir. Il fallait les supprimer, les contenir, quitte à les laisser déferler ensuite ; il ne le savait que trop bien.
Il avait disparut par la fenêtre, comme s’il s’était jeté de là. Mais en s’y penchant, on pouvait l’apercevoir un peu plus bas, se hissant sur un échafaud, jetant un coup d’œil derrière son épaule, cherchant le regard du Lieutenant. Il se demandait si elle ferait de même. Si elle oserait ou si elle le laisserait filer.

Il réajusta sa sacoche et disparut derrière la bâche bleu électrique.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Lun 16 Déc - 3:09
Pas question de le laisser s’échapper, surement pas. Persuadée que c’était lui qui avait descendu ce type –type possédant des infos importantes pour démanteler un groupe de trafic de drogue- Lyudmila comptait bien lui mettre la main dessus. Et probablement son poings dans la figure si elle en avait l’occasion. Il n’y avait rien de plus rageant que ce genre de choses, voir une pièce importante d’une affaire se faire tuer si facilement, bêtement.

Occupée à le poursuivre, gravissant déjà les escaliers de secours menant au toit, elle ne pouvait s’empêcher de repenser à l’énigmatique rencontre dans la ruelle, ainsi que l’info sur le papier. C’était assez fortuit quand même qu’on lui indique où trouver son homme, pour ensuite le tuer sous son nez. Non, c’était franchement bizarre et plus que suspect. Elle devait mettre la main sur ce type.

Déjà, les autres flics investissaient l’intérieur du bâtiment, s’agitant au mieux pour atteindre le toit avant que l’inconnu ne puisse s’en aller. En toute logique, il était coincé, surtout si le lieutenant Czajkowski se trouvait présentement sur le toit. Cette dernière d’ailleurs, venait de s’engouffrer à l’intérieur également, essoufflée mais ne comptant pas s’arrêter là. Pas le temps de reprendre son souffle, elle avait un suspect à attraper, et ce, le plus rapidement possible.

Et, alors qu’elle arrivait à l’étage du fuyard, la brune eut tout juste le temps de le voir se faufiler par une fenêtre. Était-il donc fou ? Lâchant un juron, elle ne traina pas pour s’y pencher, l’percevant filer sur un échafaudage. Jurant une énième fois elle eut tôt fait de gueuler quelques ordres –appeler des renforts pour boucler le périmètre- avant d’elle-même tenter la chose. Athlétique et adroite comme elle l’était, la flic pouvait y arriver. Ca et la légère augmentation artificielle de ses réflexes dont elle bénéficiait depuis un certain accident.

Le poursuivant à l’aveuglette, le fuyard ayant pu prendre un peu d’avance sur elle l’espace de sa légère hésitation, elle tentait malgré tout de garder sa trace, n’ayant d’autres choix que de se repérer au bruit. D’autant plus qu’il faisait nuit. Et même si ce coin-là était bien éclairé, pas facile de suivre quelqu’un vêtu de noir, et visiblement doué concernant la fuite.

Si doué qu’elle finit par perdre sa trace, une fois l’échafaudage quitté, et deux ruelles longées. Avec un peu de chance, les patrouilles auraient pu mettre la main dessus. Pas elle en tout cas. Et, essoufflée, elle s’appuya contre le mur de brique sale et irrégulier, frottant légèrement sa nuque. Une légère grimace s’afficha alors que ses doigts glissaient contre le métal de l’implant qui remplaçait ses vertèbres broyées. Soirée de merde.

HRP : Hu, je suis partie du principe que pour cette fois, elle lui mettait pas la main dessus. Si tu préfères que je change, hésite pas à laisse un message si je suis pas là (genre un mp ici ou autre, et je modifierais) Sinon, au lieu de partir sur l'idée d'un simple petit malfrat, bah je me suis dis qu'il aurait pu avoir des infos importantes. Ce qui pourrait leur permettre de se recroiser assez rapidement 8D
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Mar 21 Jan - 0:17

Le choc derrière lui faillit attiser suffisamment sa curiosité pour lui faire lancer un nouveau regard derrière son épaule ; mais il se retint. Il savait pertinemment ce qui avait fait sensiblement trembler l’échafaudage qu’il venait de quitter, et cette simple constatation le contenta bien plus qu’il ne le montrait.

Même si lui échapper fut aisé, la démonstration de Czajkowski prouvait qu’elle était une adversaire de taille. Une lueur d’espoir dans ce corps policier qui s’affaissait davantage chaque jour et laissait la surface d’agissement des types de son genre croître encore et toujours. Le gangstérisme fleurissait à Varsovie et la police ne pouvait plus suivre en son état. Harcèlement, attentat, cambriolage, meurtre. Le bas fond de cette ville ne jurait plus que par ces mots.

Et au fond, si la tendance venait à s’inverser, son propre business serait bien obligé de se délocaliser, une fois de plus.

Son rythme ralentit peu après avoir longé deux ruelles ; une poignée de minute après que les pas derrière lui s’étaient tut. Courir d’avantage susciterait trop d’attention de la part des passants. Il se fondit dans la foule, effaçant définitivement sa trace.



Sa chambre actuelle se trouvait en marge de la capitale. S’installer dans le centre était un choix stratégique douteux, particulièrement après un tel remue ménage. Il fallait faire profil bas. Profiter de cette courte période de repos sur lequel seul le temps avait prise. Elle s’étira sur plusieurs jours, près d’une semaine. Une semaine calme qu’il aurait pu prendre comme des vacances s’il n’avait pas été aussi travaillé par cette affaire. Ou plus particulièrement l’envie de s’y mêler encore un peu, malgré son contrat réglé depuis de longues heures. Non, l’envie n’arrivait pas à s’estomper.
La serviette fraîche crispait ses muscles, éloigna son esprit de ces idées suicidaires durant un court instant. C’était une première, ça. Une première, et préférablement une dernière. Aller fricoter avec la flicaille dans sa situation était dangereux, et il ne faisait pas partit de ces gens qui recherchait à tout prix l’adrénaline. Il savait pertinemment que jouer avec le feu ne ferait que le brûler.

A moins que ce soit la recherche de la rédemption qui le faisait agir ainsi.

L’homme avait beau s’être moqué de cette hypothèse ridicule –chercher la rédemption, maintenant ? Absurde-, cela ne l’avait pas empêché de passer devant la réception vide du motel pour la première fois depuis son dernier contrat, ni même de pousser la porte de cette cabine téléphonique, encore moins d’en saisir le combiné de sa main gantée. Mais à côté de ce qu’il s’apprêtait à faire, ces actions ne méritaient pas le nom d’exploit.

Beaucoup de chose avait filtré jusqu’à lui à propos de Lyudmila Czajkowski –après tout, il s’était renseigné, y avait même mis le prix. Les renseignements n’étaient pas gratuit, et le numéro du lieutenant non plus.

Ses mains se surprirent à devenir moite au moment où la première sonnerie se fit entendre. Sa respiration se retint un instant lorsqu’elles cessèrent, laissant place au silence grésillant. Il se décida à articuler une adresse, de façon simple, concise. Ponctuée de la si habituelle demande de s’y rendre seule, saupoudré d’une petite accroche quant aux renseignements qui l’attendait ; le message type qu’il lui avait déjà donné de vive voix lors de leurs dernières rencontres. « Je saurais bien assez vite si vous venez accompagnée. » Sa voix ne laissait pas transparaitre l’émotion que laissait supposer ses paumes moites. « L’occasion ne se présentera pas une deuxième fois. »

Clac.

Un peu moins de deux minutes. Couplé à la distance entre la cabine et le motel, il n’aurait pas à trouver une autre planque. Juste rassembler ses précieuses informations et attendre la jeune femme, ce soir-là, dans la pièce au fond de ce restaurant miteux, à la table réservée au joueur de carte. Un endroit public auquel la police s’intéressait très peu, à tort.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Lun 7 Juil - 23:06
Finalement, personne n'avait mis la main dessus. Il leur avait filé entre mes doigts, comme si de rien était. Fait qui confirmait les doutes du lieutenant, tout en attisant plis encore sa colère. Et en ce moment même dans le bureau, elle était hors d'elle. À ses yeux, ils n'étaient qu'une bandé de bras cassés incapables de rattraper un homme visiblement seul et peut-être même sans véhicule. Du moins pas alors qu'elle le poursuivait. Comment avait-il fait ? Il n'avait tout de même pas pu s'évanouir dans la nature, non ? Ah, perdre ainsi lui déplaisait profondément. Et ce n'était au fond pas tant le fait de l'avoir raté qui la mettait dans cet état mais plutôt ce pressentiment qu'elle avait envers lui. Quelque chose lui disait que sa présence n'était pas le fruit du hasard. Nan, ça n'était pas possible.
Pas du genre à croire au hasard ou aux coïncidences, surtout pas dans son métier, Lyudmila ne pouvait clairement pas laisser filer cette piste là. Elle devait lui mettre la main dessus, impérativement. Et ne s'accorderait pas de repos avant cela.

À moins évidemment que son cher coéquipier ne la pousse à prendre un break. Il ne la connaissait que trop bien et savait que cela faisait des jours déjà qu'elle dormait à peine. C'était mauvais pour sa santé cette obsession pour ses affaires, et pas qu'un peu. Elle poussait son corps trop loin, et il savait qu'à un moment donné elle lâcherait prise. Chose qu'elle refusait obstinément d'admettre ou d'avouer. Bien trop butée pour ça, la lieutenant était devenue une bête de travail. Au détriment de tout le reste, que ce soit vie amoureuse ou juste loisirs. Parfois, même la trainer dans un bar était impossible. Et à chaque fois elle râlait une bonne partie de la soirée. Définitivement irrécupérable, selon lui.

Les jours suivants ne furent que faiblement concluants. C'était un défilé de petits malfrats, de conducteurs abusant de vitesse ou boisson, parfois même les deux, et tout un tas de criminels comme on en voyait tant ici à Varsovie. En somme, rien qui ne l'intéressait, son esprit encore focalisé sur ce type lui ayant échappé. Trop de frustration et d'agitation se traduisant par un grillage de clopes relativement intensif. Et justement d'ailleurs, elle était sortie chercher un nouveau paquet, l'air pensif et les mains au fond des poches, et surtout, la mine contrariée.
La première sonnerie ne la fit pas réagir. Elle ne voulait pas répondre à vrai dire. Mais à la seconde, elle sortit son portable, répondant rapidement. Et elle eut à peine le temps de parler que la voix à l'autre bout du fil se fit entendre, lui annonçant une adresse et une heure. Ainsi qu'une mise en garde lui faisant froncer les sourcils. Le tout ponctué de quelques mots agitant assurément sa curiosité.
Était-ce une blague ? Elle n'avait pas pu en placer une, et voilà que le coup de fil était terminé. Oh, elle ne perdit pas de temps, Lyudmila. Demi tour et tant pis pour la nicotine en bâtonnets, la voilà qui était de retour au post, donnant déjà des ordres. Elle voulait qu'on trace le denier appel sur son portable, et ce immédiatement. Pour ensuite s'engouffrer dans son bureau, échangeant quelques mots avec Kowalski, son cher partenaire. Qui n'était pas du tout d'accord avec son plan, tout en étant parfaitement conscient d'une chose : qu'elle ait son approbation ou non, elle irait. Se disputer là dessus n'y changerait rien, et c'est pourquoi il finit par lâcher l'affaire.

Et la voilà le soir même, qui poussait la porte du restaurant, l'air de rien. Pantalon sombre, débardeur et veste en cuir. Un flingue habilement caché mais pas de plaque. Pas folle. Et après avoir observé les lieux, cherchant le moindre indice de piège, elle commanda une vodka, pour ensuite faire son chemin vers la table indiquée. Cherchant du regard l'homme qui l'avait contactée. Tentant de garder un air naturel, affichant même un vague sourire.

Et quelque chose lui dit qu'elle l'avait trouvé.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Dim 3 Aoû - 16:41

Ils étaient quatre autours de la table. Tous caché de leur propre façon, formant une masse de joueur anonyme dont il n’était pas en reste, parfaitement fondu au groupe hétéroclite. La conversation ne se composait que de relance et de mise, ni plus ni moins. Pas même une menace, ni un même juron. Un miracle dans un tel lieu.

A l’arrivée de la cinquième personne, les états d’esprits changèrent. Trois joueurs sur quatre relevèrent la tête vers l’intéressée. Une fis un commentaire déplacé, l’autre une remarque machiste, le troisième l’invita à se joindre à leur jeu. Lorsque l’attention se reporta sur celui-ci, il fallut moins d’une dizaine de minute pour que chaque joueur trempe leurs lèvres dans leurs boissons, et deux fois moins pour que le premier se cèdent au sommeil.

Au bout de quelques minutes, ils ne restaient plus qu’eux à la table. Il gardait toujours ses cartes entre ses mains, à première vue plus intéressé par le jeu interrompu que par le lieutenant. Difficile à dire derrière ses lunettes de soleil. « Sur quoi vous vous raccrochez à présent ? » Il prit luimême une gorgée de sa boisson et continua à observer les cartes, avec la plus grand attention. Il ne s’y désintéressa que pour aller voir les cartes des autres, non sans manifester un semblant de satisfaction –pas au moyen d’un sourire, non. Le simple fait d’expliquer le déroulement de la partie jusque là à la demoiselle suffisait. Etaler le bluff bancal de celui-ci, la stratégie d’un autre et les erreurs suivie, pour venir imaginer comment aurait continué puis fini la partie.

Il reposa ses propres cartes et les étala sur le feutre émeraude, admettant sa défaite quasi certaine, malgré les maladresses des autres joueurs. « On n'est pas toujours gagnant dans la vie, mais vous le savez, n’est-ce pas ? »  La police allait elle continuer de courir aveuglément après le mauvais lapin ? Allait elle simplement réussir à se relever d’un tel échec ? « On ne peut pas tous être stratège. »

Le plafonnier projetait une ombre sur son visage de par son couvre chef et sa posture. Le lieutenant, elle, avait eu la sagesse de ne pas venir arme et insigne visible, mais il se doutait bien qu’elle n’était pas venue les mains vide.
A savoir si elle était réellement venue seule, cela ne tenait que d’une autre histoire de bluff. « Est-ce que vous vous considérez comme une stratège ? »

Il planta son regard dans celui de la femme, caché derrière les verres fumés.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

le Lun 2 Mar - 21:33
« A ce que je vais bien pouvoir tirer de vous. » Quelques mots lâchés sans détour, le ton un peu rude et le regard rivé sur l'homme aux lunettes de soleil. Un regard qui n'avait pas cillé depuis son arrivée à cette table, n'ayant même pas prit la peine de relever les commentaires déplacés de leurs… compagnons. Non, la flic s'était contentée d'un haussement d'épaules et d'un refus ferme de participer. Ils avaient mieux à faire de toute façon, que ce soit se concentrer sur leurs cartes -ou leurs verres.

Son regard quelques instants se perdit dans le fond de son verre, brisant le contact qu'elle avait obstinément maintenu jusque-là. Juste le temps de se dire qu'elle ne devait pas boire plus, qu'il lui fallait rester lucide. D'autant qu'avec la fatigue -bien qu'elle se soit reposée depuis la dernière fois- ça n'était pas bon. Oh, et Lyudmilla se connaissait trop bien. L'abus la rendait un poil plus agressive qu'elle ne l'était déjà, et ça n'était pas bon. Il fallait se la jouer fine, avec celui-là. Et même si cela ne lui plaisait guère, elle n'avait nullement le choix.

D'un oreille vaguement distraite, elle l'écouta parler de la partie, sa main droite pianotant impatiemment sur le bois écaillé de la table, alors que la gauche était solidement accrochée au verre à demi entamé. C'était intéressant mais agaçant ; le lieutenant n'était aucunement là pour cela. Simplement, le presser à parler n'Avait pas l'air d'être une idée viable, et cette simple pensée ne faisait qu'accentuer son impatience déjà à fleur de peau.

Une grimace s'afficha quelques instants, alors qu'instinctivement, elle portait sa main à sa nuque, le froid du métal contre ses doigt lui apportant une familière consolation, amère cependant. « J'aurais pas le culot de l'affirmer. » Trop fonceuse, trop bourrine. Dans l'équipe, ça n'était pas elle le cerveau, et cela lui convenait parfaitement. « Mais je ne suis pas là pour parler stratégie, non ? » Elle prenait sur elle, beaucoup, et gardait le ton de sa voix civil et pas trop agressif, juste un peu brusque. Un fait difficile pour la brunette au regard inquisiteur, cherchant des traits marquant sous son accoutrement, de quoi le reconnaitre peut-être. Mais rien n'attirait son attention.

Un soupire. « Crachez le morceau. Je n'aime pas perdre mon temps. » La tête légèrement penchée sur le côté, elle plissa les yeux, le fixant toujours. Avant de reprendre une gorgée de son verre, le reposant bruyamment, ignorant toujours superbement les autres types avachis sur la table. Qu'il ne lui fasse pas perdre son temps.
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Re: “It is forbidden to kill; therefore all murderers are punished unless they kill in large numbers and to the sound of trumpets.”

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