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And I wondered if I could come home.

le Lun 18 Aoû - 1:03

Ça n’était pas inhabituel qu’il se tienne devant sa porte, ni même qu’il n’y frappe. Depuis le temps, il s’était retrouvé ici un nombre incalculable de fois, et l’appartement détenait nombre de souvenirs. Savoir que ceux-ci allaient être soigneusement empactés et scellé par un vulgaire morceau de scotch laissait un vide, et ce avant même d’avoir posé ses yeux sur les pièces dénudée. Depuis qu’elle avait évoqué la possibilité de partir d’ici, le vide avait pris place dans son quotidien, logé quelque part dans sa poitrine ; mieux caché qu’entre ses pensées tumultueuses et son imagination hyperactive. Un sentiment que la raison ne pouvait seulement chercher à expliquer et ne pouvait que se contenter d’engendrer un flot de pensée sur des éléments plus palpable, comme le départ imminent de Birdie.

Madison, malgré son énorme lot de problème, avait une place si spéciale dans leur relation. Elle avait permis à deux vies drastiquement opposées de se percuter. Une ville sur tant d’autres en Amérique, une occasion sur une infinité d’autre, un hasard incroyable. Ce qui s’était passé ici, et nulle part ailleurs, avait fait de lui un homme différent ; un homme meilleur, aimait-il penser, mais il n’aurait sû réellement juger.

Et elle avait tant contribuer à son évolution.

Omawnakw n’avait pas eu d’autres choix que de quitter les Erasers après être passé dans le bureau de son supérieur, et pour être franc, il ne regrettait que de s’y être enrôlé à la base. D’avoir quitté son poste auprès de sa collègue pour un salaire à peine plus élevé.
Quel idiot, vraiment.

« J’ai entendu dire que tu aurais besoin de bras. »

Il contracta ses biceps en riant doucement, fidèle à son apparence de gros ours inoffensif.


Yours is the first face that I saw
I think I was blind before I met you
Now I don’t know where I am
I don’t know where I’ve been
But I know where I want to go



Dernière édition par Pistache le Mar 19 Aoû - 1:06, édité 1 fois
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Re: And I wondered if I could come home.

le Lun 18 Aoû - 1:41
Quitter Madison. Voilà la grande nouvelle. Décision nullement prise sur un coup de tête, précisons-le. Non, c’était là un choix murement réfléchis, et qui n’avait pas été simple à annoncer à tout le monde. Surtout aux collègues, et plus encore aux habitués du Radcliff. Pire que cela, le regard du patron lui avait Presque brisé le cœur. Après tout, cela faisait des années déjà qu’elle était ici, et des liens s’étaient tissés. Autant dire donc que cela n’avait pas été de gaité de cœur, mais elle voulait s’en aller.
Quelque chose n’allait plus ici, et Birdie ne se sentait plus à sa place. Il lui fallait changer d’air, trouver autre chose à faire. Une nouvelle ville, et surtout, une nouvelle vie. Ou presque.

Il y avait un certain amérindien, ours inoffensif de son état. Un certain Cassidy qui lui posait un sacré problème. Parce que partir voulait dire s’éloigner de lui. Partir voulait dire ne plus être à ses côtés. Un dilemme cruel, quelque chose qui longtemps l’avait faite hésiter. Mais elle était un grande personne aujourd’hui, et savait qu’elle devait s’en aller. Elle ne pouvait qu’espérer. Quo, elle ne savait pas, mais quelque chose.

Son salon n’était plus qu’un empilement de boites, et les murs nus faisaient perde de sa chaleur à l’endroit. Plus de photos, plus d’affiches vintage. Juste les murs crème et un étrange sentiment de vide. Ca faisait très bizarre de voir cet endroit ainsi.
Soupirant, elle replaça une mèche blonde derrière son oreille, avant de se redresser. On frappait à la porte.

« Tu devrais pouvoir te rendre utile, ouais. »

Un rire, alors qu’elle se décalait, le laissait entrer. Il était là, et sa simple présence lui faisait oublier le vide qu’elle ressentait en vidant ses tiroirs et sa penderie.

« J’ai des bières dans le frigo. »

C’était important à préciser, toujours. Hey, ça te dirait pas de m’embrasser, hein ?
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mar 19 Aoû - 1:05

La peinture crème ressortait pour la première fois, n’ayant plus affiches et photos en concurrence pour avoir l’attention. Cassidy peinait à seulement trouver de la familiarité dans un endroit aussi vide sans faire de parallèle à son propre logis ; et encore, l’appartement de Birdie était trop lumineux et propre pour faire le rapprochement.

« On n’est pas censé les ouvrir à la fin de la journée, après avoir actuellement bossé ? » Il empoignait déjà un carton ; à croire qu’il voulait réellement arriver au bout du déménagement pour savourer sa bière. Oh, si seulement ça avait été si simple ; si il avait juste pu l’aider et la laisser partir, comme n’importe quelle personne normale. Birdie était passée par-dessus des évènements plus durs qu’un déménagement ; par-dessus des gens, aussi, bien plus difficiles à oublier que lui.  

Le noiraud se demandait encore ce qui lui était passé derrière la tête pour avoir emballé et posé ses affaires à l’arrière de son pick-up. Un geste égoïste et hautement illusoire. De ce qui donnent à l’espoir une si mauvaise réputation. Il ne lui restait pas grand chose de sa dernière paie et personne ne voudrait l’employer ailleurs. Non, il devait laisser leur chemin se séparer et retourner quémander une place au poste. « Alors… Tu sais où tu vas aller ? » Son ton se voulait simple, décontracté et pour l’instant restait convaincant, mais les efforts pour maintenir les apparences consumaient trop d’énergie. Et dieu que l’amérindien en avait perdu en insomnie et en réfléxion bien avant d’arriver chez son ex-collègue.


Il aurait voulu l’embrasser, mais il ne voulait pas l’empoisonner avec ses remords.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mar 19 Aoû - 1:50
Mais il ne se passa rien. Il ne se rapprocha pas, et elle ne tenta pas le moindre mouvement à son encontre. Non, elle ferma la porte et détacha son regard de lui, pour retourner à ses affaires, l’air de rien. Tentant de dissimuler son stress et ses inquiétudes derrière une moue soucieuse, celle d’une personne en plein déménagement. Et pas celle d’une femme tentant de mettre de l’ordre dans ses sentiments.

Un léger rire lui échappa, alors qu’elle glissait toute une pile de vieux magasinez dans une boite. Trop de boites d’ailleurs, elle ne les comptait plus depuis qu’elle avait commencé ce matin. « Bah. Tant que ça t’empêche pas de les remplir, ces cartons, hein. » Il y avait dans ses mots une légère distance, une légère froideur aussi. Elle tentait de ne pas croiser trop longtemps son regard, restait loin de lui, focalisant toute son attention sur son occupation actuelle. Parce qu’elle ne savait pas quoi faire, totalement démunie, perdue.

Ca n’était pas juste un déménagement. A l’époque, elle avait déjà tout quitté, disparu comme une voleuse en l’espace d’une nuit, laissant derrière elle des souvenirs, des sentiments, une vie. La différence avec aujourd’hui ? Personne ne la forçait à partir, et il y avait toujours une part d’elle qui ne voulait pas quitter Madison. Et plus que cela, elle en venait à souhaiter disparaitre comme la première fois. Ne pas avoir à faire des adieux, ne pas avoir à se torturer de la sorte.

La question lui serra la gorge, les papiers glissant hors de ses doigts. Un juron la quitta soudainement, alors qu’elle se penchait, remettant une mèche derrière son oreille. « Du côté de la côte ouest. Au soleil. Loin d’ici. » Une réponse hachée, brève.
Et elle se redressa, fermant le carton, le scotch crissant alors qu’elle le fermait solidement. Pour ensuite le poser sur la pile près de l’entrée, son bras effleurant le sien au passage. Avant de se tourner vers lui, sa main agrippant son bras d’une façon presque désespérée. Et il n’en fallut pas plus pour qu’elle vienne l’embrasser, ses doigts libres se glissant sur sa nuque, s’emmêlant dans ses cheveux sombres.

Putain Cass, viens avec moi. Je peux pas m’en aller comme ça.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mar 19 Aoû - 2:16

Cette fois, se furent ses mains qui faillirent lâcher ce qu’elles tenaient ; la seule chose, en réalité, qui se trouvaient entre lui et Birdie. Ce qui n’avait en rien freiné l’intéressée lorsqu’elle avait empoigné son bras et embrassé. La surprise doubla l’intensité du frisson qui lui stria l’échine, horripilant le moindre poil sur son passage. Enfin, au milieu de ce lieu devenu impersonnel, une sensation familière se profilait, enflammant sa mémoire.

Et, la stupéfaction passée, le baiser rompu, Omawnakw ne pût que s’en vouloir de ne pas le lui avoir rendu. D’être resté gelé au moment où il aurait dû agir, de ne même pas réussir à lui dire quoi que ce soit, au lieu de la regarder bêtement.

Ses phalanges protestaient sous le poids du carton, mais même ses vieux démons n’arrivaient à détacher son intention de la blonde. Le vide présent dans sa poitrine n’avait été comblé que quelques maigres secondes par la chaleur engendrée par le simple contacte de sa paume contre son bras. Si peu, et pourtant il se sentait plus seul que jamais à présent.

Ses joues ne se décidaient pas à reprendre leurs couleurs habituelles et, à essayer de cacher sa tête entre ses épaules, l’amérindien avait tout de l’adolescent. « C’est chouette. » Les mots peinaient seulement à dépasser le murmure. Il se sentait idiot, à feindre l’ignorance. Un peu méchant aussi.

Mais ce baiser avait été cruel, si cruel. L’effet d’un coup de poignard supplémentaire. Birdie le saignait à blanc et, avec chaque flot, elle s’éloignait un peu plus, impalpable.

Il essayait de comprendre son geste, mais n’y trouvait que des consolations. Ses explications ne sonnaient que comme des tentatives de justifier ses idées irréelles. « Ça va me manquer. » avait-il dit comme pour lui-même, mais bien plus fort qu’il n’aurait espéré.

« On va être en retard si on ne s’active pas un peu. » Comme s’il ne souhaitait la retenir ici. « La bière aura bien meilleur goût une fois tout bouclé, tu verras. »

Combien de cartons devrait-il bouger avant de réaliser ce qu’elle essayait de lui dire.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mar 19 Aoû - 4:05
Avec ce baiser, ce geste presque désespéré, elle avait tenté de lui faire passer un message. Quelque chose, n’importe quoi. Qu’il comprenne qu’elle ne voulait pas s’en aller sans lui, oh non. Pas cette fois. Elle doutait franchement le supporter. Birdie n’était pas idiote, au fond, et savait pertinemment qu’elle ne pourrait accepter de le perdre une seconde fois. D’autant que cette fois-ci il n’était pas juste question de ne plus faire équipe. C’était bien plus définitif que cela.

Mais il ne se produisit rien. Il ne tenta pas de rendre ce baiser réciproque, il ne tenta pas de la retenir contre lui lorsque leurs lèvres se séparèrent. Et son cœur qui auparavant battait la chamade tout à coup se serrait dans sa poitrine, tout autant que son souffle se mourait entre ses lèvres.

Et son regard quitta son visage alors que ses mots parvenaient à ses oreilles. « Chouette ouais. Comme tu dis. » Le timbre de sa voix s’était fait faible, et clairement amer, alors qu’elle ignorait quoi faire. Si ce n’est retourner à sa place précédente, rompant le contact entre eux. Tout en tentant d’ignorer cette boule au fond de sa gorge et ce poids sur sa poitrine, ce sentiment d’être tout à coup perdue. Déboussolée.

C’était comme si un froid c’était soudainement retrouvé jeté sur les lieux. Le regard rivé sur ses cartons, la flic blonde ne savait trop quoi faire de plus. Sa tentative bancale de lui faire passer un certain message était un échec lamentable, et sa réaction l’avait refroidie bien plus que prévu. Et autant dire que ls mots qui finirent par s’échapper de ses lèvres n’aidaient pas. « Moi aussi... » C’était soufflée d’un air absent, un soupir parmi tant d’autres, alors qu’elle remplissait une énième boite.
Le salon d’ailleurs était presque vidé, la chambre serait la pièce suivante. Cette chambre assombrie par d’épais rideaux, ses draps blancs et ses couvertures sombres. Ce lit qu’ils avaient tant de fois partagé déjà, sans ambiguïté, juste de l’affection. Une amitié qui avait fini par évoluer ces dernières semaines. D’autres baisers, mais qui n’avaient rien à voir avec celui-ci. Oh non. Celui-ci avait été amer, et glacial.

« Tu peux aller t’occuper de la chambre. Je vais terminer ce qu’il y a ici. » Comme si elle ne voulait plus le supporter si proche d’elle. L’éloigner à tout prix.
Et elle n’ajouta rien de plus, lui tournant totalement le dos, ses mains dégantées agrippant les vieux cd dans leurs boites de plastiques usées, les empilant soigneusement, tentant d’oublier le reste. Tentant d’oublier au mieux son incapacité à lui parler clairement.

Quelle horrible situation.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Ven 22 Aoû - 0:44

Il pouvait sentir la tension se resserrer d’un cran. Juste assez pour devenir trop serré et inconfortable.

Omawnakw s’exécuta sans répondre, peu fier de son comportement. Une partie de lui se disait qu’au fond, si elle allait partir de façon si imminente, c’était peut-être mieux de garder ses distances. Pour se préparer psychologiquement ou une bêtise dans le genre.
Mais voir la chambre encore intacte lui rappela qu’au fond, ça n’était pas un échange aussi froid qui rendrait la séparation plus simple.

Il avait vaguement commencé à remplir un carton avant de s’asseoir sur le rebord du lit. Perdu dans l’absence de pensée alors qu’elles devaient fleurir de façon incontrôlable. Seul ses phalanges endolories rappelaient seulement à son cerveau de ne pas tout éteindre.



Madison baignait dans la lumière perçante de fin d’après midi lorsque l’amérindien avait rempli le dernier espace disponible dans la camionnette. Voir le carton s’emboîter si parfaitement dans le reste aurait dû le ravir –au moins le satisfaire un minimum, mais non. En bouchant le dernier trou, le vide avait semblé simplement avaler le tout comme un rangée de tetris, revenant à son point de départ.
Il tendit une bière à Birdie ; leur première interaction depuis le baiser qu’il avait lâchement fui. Le noiraud ne savait même pas si elle ne le rembarrerait pas. « Ça fait bizarre de bouger quand on s’était enfin décidé à s’installer. » Il ne voulait pas expliquer le fond de sa pensée –ou ne pouvait. Son attention était bien trop absorbée par les rayons aveuglants du soleil pour se fatiguer à comprendre ses émotions. « Quoi qu’on a jamais été très sédentaire. »

Après s’être remi au travail, le cerveau avait suivi et fait tourner et retourner le fil des événements. Etrangement, c’était ça qui était ressorti de la machine. Des paroles sans trop de sens ni d’importance. « Dit. » Il la regardait, mais ses yeux n’arrivaient pas à rester entièrement ouvert à cause de la lumière, tirant les traits de son visage. « Tu fuis Madison, où tu la quittes ? »

Quelque rue plus bas, une voiture passe. A vrai dire, à ce instant, Madison est incroyablement calme ; comme si elle retenait son souffle en l’attente de la réponse de la jeune femme.

« Désolé, c’est vraiment débile comme question. »

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Re: And I wondered if I could come home.

le Ven 22 Aoû - 1:29
Ce fut sans la moindre protestation qu’il quitta la pièce, l’abandonnant elle et ses cartons, elle et son malaise. Et c’était surement mieux ainsi, car le savoir trop près et pourtant loin n’avait rien de plaisant. Surtout pas après ce baiser qu’elle n’aurait pas dû initier, surtout pas après ces espoirs qui s’étaient écrasés avant même d’avoir pu prendre leur envol.

Et elle ne savait dire si tout à coup l’air était plus ou moins lourd. A vrai dire, Birdie ignorait même si elle voulait tenter d’arranger les choses ou non. Perdue, et surtout, déçue, elle se giflait mentalement. Depuis quand était-elle ainsi, si peu sure d’elle, dramatique et hésitante ? Cela ne lui ressemblait guère, oh non. L’agent Faulkner était une femme sure d’elle, fière et jamais embarrassée par quoi que ce soit. Du moins, c’était ce dont elle voulait se convaincre, tandis que ses prunelles hétérochromes balayaient la pièce, en quête des dernières choses à empaqueter. Ca faisait mal de voir cet endroit si froid.

***

La fin de journée arrivée, elle était restée à l’intérieur pour passer le balai rapidement alors qu’il s’occupait d’empiler les cartons dans la camionnette louée pour l’occasion. C’était d’un regard las qu’elle avait regardé chaque boîte quitter le sol de son bientôt ancien appartement pour rejoindre le véhicule. A chaque fois un petit bout de souvenir qui s’en allait, une preuve de ces années passer ici. Puis elle sortit. C’était terminé.

Relevant à peine le regard vers lui, elle accueillait le froid de la bouteille contre sa paume avec une certaine gratitude. Un simple hochement de tête pour le remercier, et elle l’ouvrit, une gorgée trouvant rapidement son chemin entre ses lèvres.
Ce fut un silence qui tout d’abord accueillit ses mots. A vrai dire, la flic ne savait même pas quoi répondre à cela. On ? De qui parlait-il exactement ? Elle l’ignorait et elle non plus n’avait pas la tête à réfléchir. Elle était fatiguée, et chaud aussi. Puis, c’était toujours le même chaos qui régnait dans ses pensées, alors autant dire que cela n’avait rien d’un moment propice à la réflexion. Alors elle ne dit rien.

Une lueur d’espoir pourtant passa dans son regard lorsqu’il parla à nouveau. Avant de très vite s’évanouir à la suite de ses mots. Oui, c’était débile, comme lui-même le confirma quelques instants plus tard, et pourtant. Laissant un soupir s’échapper, elle se frotta légèrement le front, passant ses doigts dans ses mèches blondes. « Un peu des deux. » Elle quittait un lieu qui ne lui inspirait plus trop confiance, et au fond, se disait qu’elle aurait dû s’enfuir sans prévenir personne. Ça aurait été moins douloureux que maintenant.

Et puis, encore une gorgée de bière. « Et toi alors ? C’est quand que tu te décides à le faire ? » Une question lancée dans le vide, qui sait. Quoi qu’elle elle le connaissait, et savait qu’ici il n’avait pas grand-chose. Et elle le fixa, quelques instants, avant de baisser le regard vers ses pieds, adossée à la camionnette.
Une simple phrase venait de réveiller quelque chose. Une idée qu’elle avait balayée la première fois mais qui s’obstinait à revenir. Mais pouvait-elle réellement lui demander ça ?
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mer 28 Jan - 13:01

Il releva la tête, lui qui fixait ses pieds pour cacher ses yeux du soleil, et d’elle surtout. Il la fixait pourtant, comme un idiot qui se mettrait à bêtement fixer le soleil et qui continue malgré l’éblouissante douleur. Ses yeux ne fuirent qu’à l’instant où il se mordit la lèvre, une seconde avant de seulement ouvrir les lèvres pour prononcer sa réponse qui resta bloquée. ‘J’ai assez fui dans ma vie’, voulait-il dire. Ou encore bullshiter au niveau du travail, comme quoi les gens comme lui ont trop de peine à trouver du job pour risquer la chose : déjà qu’avec le fiasco de la brigade militarisé, Cassidy doutait qu’on se décide à le réengager sans faire d’histoire.

Mais il n’en fu rien, et la réponse qui aurait dû être se laissa remplacer par un nouveau grondement de moteur quelques rues plus bas. Après tout ce temps, Birdie allait partir, et lui allait resté planté là, incapable de trouver ses mots ? Continuer de se comporter comme un adolescent et ne jamais oser prendre les signes pour ce qu’ils étaient au lieu de les ignorer ?

Probablement, oui. Car rien, à part son air penaud et son malaise, ne s’ajouta à la conversation. Il ne prit pas même une gorgée de sa bière, rien. Il aurait pû en dire des choses pourtant, un peu naïve et surtout très niaise. Lui dire qu’il ne se sentait chez lui qu’en sa présence et à quel point il ne voulait plus perdre ce sentiment. Lui raconter comment il a perdu le sommeil en aprenant son déménagement. Lui que les films étaient stupides de romancer ce genre de scène.

« Maintenant si tu me fais une petite place - » Il se gratta nerveusement la nuque. Ha voilà. Tant de choses à dire, et c’était ça qu’il balbutiait, les joues bouillantes. Il voulait se rattraper, mais ses mots de bousculaient plus que jamais dans sa tête.

Il se contenterait d’encore fixer ses pieds, hein ?
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Re: And I wondered if I could come home.

le Mer 28 Jan - 20:03
Et qu'allait-il se passer à présent ? Allaient-il rester là à se fixer dans le blanc de l'œil -quoi que lui semblait lui préférer ses chaussures- et ne pas savoir quoi dire ? Comme deux adolescents se tournant autour, incapables de trouver les mots justes, les bons mots à mettre sur leurs sentiments ? Vu comme les choses stagnait, il semblerait bien que oui. Et cela lui faisait mal à vrai dire, se sentant impuissante et tout aussi pitoyable que lui ; incapable de trouver la force de lui dire les choses avec honnêteté et franchise comme elle le faisait habituellement.

Il y avait là la peur du rejet, la craindre idiote d'avoir mal comprit les signes, de s'être faite des idées. Pourtant, les étreintes et les baisers ne pouvaient être des choses mal interprétées, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi tant d'hésitation ? Pourtant tant de doutes ? Oh, au fond c'était d'elle-même qu'elle doutait et non pas lui. Voudrait-il vraiment venir avec elle, tout abandonner ici pour refaire leur vie dans un coin vierge de tout souvenirs ?

Leurs regards croisés semblaient aussi incertains que tout le reste. La main accrochée à sa bière, Birdie pataugeait dans ses propres problèmes, ne se sentant pas le courage de l'aider dans les sien.

Et il y eut sa voix finalement. Puis un soupir quitta les lèvres de la blonde, entre le rire nerveux et le soulagement, secouant quelque peu la tête. « Si t'es capable d'être prêt avant la nuit. Karl va râler sinon. » Karl, c'était son frère, venu spécialement pour l'occasion et lui donner un coup demain, conduisant le camion et elle sa propre voiture.

La bière fut rapidement finie suite à cela, tandis qu'elle se rapprochait de lui, ses mains venant chercher celle de Cass, avec une infinie précaution, sachant très bien leur état. D'ailleurs, elle préférait fixer son regard sur elle plutôt que dans le sien. « J'aurais jamais pu partir sans toi, tu le sais ça ? » Elle se mordilla la joue, retenant un rire moqueur, moqueur envers elle-même. « Me refais pas un coup pareil. Je te le pardonnerais pas. » Ca c'était certain.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Dim 7 Juin - 19:58

Une seconde, il interpréta son soupir de la pire des choses, se giflant mentalement pour avoir lancé quelque chose aussi nias qu’improbable : se taper l’incruste alors qu’ils venaient de tout boucler, à cette heure de la journée, sans jamais en parler au préalable, comme si ce genre de chose se décidait sur un coup de tête. Alors qu’ils étaient quoi, au final ? Collègue ? Amis ? Confident ? Avec quel genre d’argent paierait-il sa contribution s’il partait de Madison ?

Sa tête eut le temps de faire le tour des pires scénarios durant cette seconde, avant que Birdie ne reprenne la parole, lui faisant relever la tête trop vite. Il souriait comme un idiot, incapable de répondre d’une autre manière.

Ses yeux suivirent les siens, retombant sur ses mains qui faisaient peines à voir. « Dit celle qui décide de quitter la ville du jour au lendemain. » Il pressa doucement ses mains dans les siennes, trop absorbé par le moment pour sentir ses articulations se plaindre. « Je ferais mieux d’aller chercher mes affaires, hein ? » Avant que la nuit tombe, ou qu’elle ne change d’avis. « Tu me déposes ? »

***

La lumière dorée qui baignait la rue un peu plus tôt filtrait à peine à travers l’unique fenêtre du studio. Jamais assez pour égayer la pièce exiguë. « Ça prendra juste une minute. » Il s’attelait déjà à ramasser ses affaires, certains mêmes pas encore déballés depuis son emménagement. Des choses dont il se débarrasserait au plus vite. « Ça me manquera pas. » La ville, la police spécialisée, cet endroit, rien. Pas en partant avec Birdie, en emmenant avec lui ses souvenirs, avant que tout parte en vrille.
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Re: And I wondered if I could come home.

le Dim 7 Juin - 20:39
Il leur en avait fallu du temps pour se faire face réellement et arrêter de fuir. Oh, il y avait encore beaucoup de choses à faire, beaucoup de choses à s'avouer et confesser, mais c'était déjà un grand pas en avant. Un pas ensemble qui plus est, dans cette nouvelle aventure qu'était ce déménagement.

Alors elle ne répondit rien sauf un sourire et un hochement de tête. Une fois ses clefs récupérées, elle laissa un message à son frère pour lui dire de venir chercher le camion, avant de rejoindre sa propre voiture. Un coup d'œil à l'arrière, en direction du bac dans lequel était confortablement installé Hannibal, pour ensuite enclencher le contact.

***

Elle avait toujours trouvé ce studio affreusement impersonnel, quelque chose qui mettait presque mal à l'aise. C'était à se demander comment il avait fait pour vivre ici. « Moi non plus. Je suis pas mécontente de te faire sortir d'ici. » Son regard alors avisa la fenêtre donnant sur l'extérieur, pour ensuite lui donner un coup de main pour ramasser ce qu'il y avait à récupérer, c'est-à-dire pas grand-chose. Un pas grand-chose qui se retrouva dans le large coffre de son bébé chéri.

Une pause, et son regard revenant vers lui. « Plus rapide que mon appart. » Oui non ça n'était pas vraiment ce qu'elle voulait dire. Le baiser raté de plus tôt lui était revenu en tête, et un soupire lui échappa. « Cette fois tu restes avec moi pour de bon, hein ? » Elle déglutit, le dévisageant, sourcils haussés. « J'ai besoin de toi, Cass. Pour de vrai. »
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Re: And I wondered if I could come home.

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