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you are a sin i would commit everyday

le Ven 28 Aoû - 2:12
Il y avait quelque chose de pathétique dans cette situation, et à chaque souffle tremblant qui quittait ses lèvres, elle sentait l'amertume s'installer sur sa langue, couler dans sa gorge et emplir sa poitrine. À moins que ce ne soit son souffle qui se faisait court, toujours plus court, et son cœur qui cognait. Qui cognait aussi fort que ses pas dans le couloir pouvaient raisonner dans sa chambre. Du moins, elle se plaisait à le croire, à se dire qu'il venait de la voir, mais à chaque fois les pas s'éloignaient, et le couloir redevenait silencieux. Un silence étouffant que les battements agités de son cœur peinait à réellement combler, la solitude se dessinant dans les moindre recoins de sa chambre et se faisant lourde, trop lourde.

Les paupières closes, elle avait l'impression d'être un peu trop réceptive au moins son, au moins mouvement ; à sa propre solitude et cette frustration qui s'accumulait au creux de ses tripes. Alors oui elle avait remarqué les pas qui s'approchaient à nouveau : un rythme rapide et sûr, démontrant d'un empressement impossible à dissimuler. Mais une fois de plus elle s'était dit que c'était stupide, elle s'était dit « Elsie arrête de fantasmer, il ne viendra pas te voir. » Sauf qu'en rouvrant les yeux, il était là, et impossible de se tromper. Le menton un peu proéminent, les lèvres charnues et le nez trop droit ; la cicatrice et les pommettes hautes, et cette chevelure brune décoiffée.

Il ne lui avait pas demandé la permission mais il fallait croire qu'il connaissait déjà la réponse. Ça avait été précipité, comme s'il se retenait depuis trop longtemps déjà. Sa bouche sur la sienne et ses grandes mains retenant ses poignets, et c'était comme si une décharge traversait tout son corps. Oh elle avait passé des nuits et des journées à imaginer ça avant de se blâmer pour sa stupidité. C'était son frère. Oui c'était son frère qui pressait son corps contre le sien, sa main libre remontant son débardeur alors que l'autre était occupée à toujours retenir ses bras, si frêles sous ses doigts calleux.

C'était étourdissant, et mal, si mal ! Il lui faisait perdre la tête, et les paupières toujours closes -comme par peur qu'il disparaisse sinon- elle suivait le cheminement de ses lèvres, sur la courbe de sa joue puis de sa mâchoire, le lobe de son oreille et le côté de son cou. L'entendre jurer contre la présence d'un soutien-gorge lui tira un léger rire, qu'il fit s'évanouir d'un coup de dents sur la chair pâle de sa gorge. Il la connaissait par cœur sans qu'elle ait jamais eu à dire quoi que ce soit, semblait savoir ou glisser sa bouche pour la rendre fébrile et comment agir pour qu'elle se fasse docile sous ses doigts. Ses doigts qui avaient abandonné le haut pour le bas, beaucoup plus satisfait de la facilité avec laquelle le tissu glissait sur ses hanches et ses cuisses, dévoilant son épiderme diaphane qu'il rêvait de marquer de ses doigts, encore et encore.

Aucun mot ne l'avait quittée, si ce n'est un soupir tremblant prenant la forme de son prénom ; il avait eu tôt fait de la faire taire de ses propres lèvres, lui soufflant de ne rien dire. Mais était-elle simplement capable de parler ? Entre les baisers presque ininterrompus et sa main qui lui faisait perdre la tête, elle n'avait plu vraiment le temps ni la capacité de vouloir formuler le moindre mots. Non, à la place quelques gémissements et soupirs, ses hanches se soulevant et se cambrant, cherchant à obtenir plus d'attention, plus de contact. Et ça le faisait sourire, oh oui ce même sourire qu'il avait eu quand il lui avait intimé de se taire, contre sa bouche.

L'espace d'un instant, elle avait rouvert les yeux, croisant son regard et ne regrettant pas une seule seconde, avant de fermer les yeux à nouveau, fébrile. L'impatiente atteignait des sommets insupportables et elle n'en pouvait plus d'attendre, qu'il la fasse languir de la sorte.

C'est là qu'elle se réveilla.

Un brutal retour à la réalité, la transpiration collant le tissu de ses vêtements à sa peau et quelques mèches sombres sur son front. Les draps étaient défaits, en désordres comme si tout ça s'était réellement passé, que sa solitude avait été brisée. Ça avait été si vrai, trop vrai même. Alors un rire la quitta, du genre qui s'avérait lourd d'amertume et de regrets face à sa propre bêtise. Et si tout ça n'avait été que le résultat d'errances ensommeillées et de fantasmes inavoués, elle était bel et bien essoufflée.
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